Fév 20

Un mouton dans la salle de bain…

Si on m’avait dit qu’un jour je prendrai ma douche avec un mouton dans ma salle de bain !

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Tout a commencé jeudi dernier. Je chargeais la voiture pour le marché du vendredi matin à Châlus. Comme d’habitude j’étais en retard sur mon planning, il faisait nuit et il y avait encore les carottes à laver et les caisses à charger dans le Partner. J’entendais une brebis bêler et ça commençait à me chauffer les oreilles. Je suis allée voir et dans la pénombre je distinguais peu de choses. Mise à part la Brebis qui bêlait et les autres membres du troupeau qui étaient prêts à partir au galop à ma vue.

J’ai tout d’abord pensé qu’elle m’appelait pour avoir une ration de friandises car depuis quelques jours j’avais entamé une tentative d’approche, en comptant sur sa gourmandise et je tentais de l’appâter avec quelques poignées de blé, avec pour principal objectif que les brebis s’habituent à moi. Je suis retournée à la voiture continuer ma tâche mais elle ne cessait de donner de la voix. Alors je suis retournée voir de plus près et là, dans la marre qui servait autrefois à laver les Rutabagas, je vois une petite tache blanche, son petit agneau de 2 jours à peine, qui flottait péniblement la tête encore hors de l’eau et qui tentait tant bien que mal de crier pour signaler sa présence en buvant la tasse.

Je l’ai sorti immédiatement de l’eau en pressant sa laine pour tenter de l’essorer, le serrant contre moi, le secouant pour qu’il recrache l’eau tout en le suppliant de ne pas y passer.

(j’avais déjà perdu un agneau la veille qui était mort de faim, sa mère ne voulant pas s’en occuper).

Je l’ai également frotté avec du foin. Mais il respirait avec peine, ne tenait pas sa tête et sa mère n’allait même pas le lécher se contentant de gueuler bêtement de loin.

Il ne tenait pas debout et 15 minutes plus tard je suis revenue le voir et il était toujours couché dans le foin, agonisant. Alors je l’ai rapporté à la maison, frotté avec des serviettes de bain pendant près d’une heure en lui parlant, le réchauffant, lui tapotant les fesses, un coup la tête en bas, un coup les pattes en l’air en essayant de mimer le sauvetage des noyés genre alerte à Malibu. Cela aurait pu être très comique vu de l’extérieur mais sur le moment nous ne rigolions pas du tout ma fille et moi. Un agneau d’un coté et le téléphone de l’autre, je tentais de joindre en vain (grrr ces maudits répondeurs) mon mari censé arriver à la gare de Limoges et faire la queue devant la projection du Film de Pierre Rahbi. Il était 21H, la voiture pas chargée, le repas pas prêt, pas de gâteau d’anniversaire pour mon chéri de fait, et les gosses censés être couchés pour l’école le lendemain… soir de galère en fait.

Bon finalement l’agneau a repris des « couleurs » ; le mari est arrivé comme la cavalerie au bon moment (il n’y avait plus de place pour Pierre Rabhi et il avait déclaré forfait pour rentrer dans la salle de cinéma (tant mieux finalement). J’ai pu terminer de charger la voiture pendant que le fermier préparait de quoi nourrir les gosses. J’ai rapporté l’agneau à sa mère et j’ai pu aller enfin me glisser sous la couette après une bonne douche.

Oui mais voilà, je vous passe les détails mais la mère a abandonné le petit. Nous avons passé 2 jours à nous battre avec la brebis pour qu’elle allaite son petit. (Au moins il aura pu bénéficier du colostrum).  Il a fallu la contenir, l’enfermer et la contraindre plusieurs fois par jour pour nourrir  bébé. Comme vous le savez, nous sommes des néophytes en matière de moutons alors cela aurait pu faire doucement marrer les professionnels mais comme on dit « on apprend sur le tas » et notre vocation n’est pas l’élevage même si pour faire des légumes il faut des animaux, en tout cas en biodynamie, la synergie est indispensable.

Avec ma formation en hygiène et éducation périnatale, je sais à quel point le lait maternel est bénéfique au bon développement des bébés et  leur permet d’acquérir un bon système immunitaire, surtout lorsque l’on sait ce que les industriels peuvent mettre dans le lait maternisé…. mais bon, j’ai dû me résoudre à acheter du lait pour  bébé-sauvé-des-eaux. Nous aurions pu l’appeler Moïse mais notre choix s’est porté sur PAIMPOL, une ville des côtes d’Armor que mon mari et moi aimons beaucoup. Au départ mon chéri voulait l’appeler « Côtelette »…. c’est son humour tout craché….

Et me voilà donc depuis près d’une semaine à donner le biberon à cet agneau qui me suit comme si j’étais sa mère. J’ai fini par trouver un rythme de croisière et par me sentir moins gauche dans ma pratique. (et en même temps cela a un peu calmé mes envies de bébé à l’approche de mes 45 printemps….). Paimpol se comporte comme tous les bébés animaux, faisant ses bêtises à lui, mâchouillant les rideaux, la photocopieuse. il saute parfois comme un Cabri quand il est content. Il veut piquer le coussin du chien et s’amuse parfois à lui rentrer dedans pour jouer. Il ronfle en dormant, joue avec la tétine du biberon. C’est un glouton et il est craquant quand il s’endort en faisant des mimiques avec sa bouche. Il faut planquer les lacets et les feuilles de papier et bien sûr il fait pipi au moment où il ne faut pas.  J’ai découvert qu’un agneau propre ne sent pas mauvais (il faut quand même laver de suite les accidents) et surtout qu’ils sont affectueux et plus intelligents que j’aurai pu l’imaginer. Quand il n’est pas dehors mais dans la maison à l’approche de l’heure de la tétée, il me suit partout et hier il était bien évidemment spectateur de ma toilette et je prenais ma douche pendant que bébé m’attendait sagement couché sur le tapis. Et j’ai pensé en revoyant ma vie d’avant sur Paris….

« et si on m’avait dit qu’un jour je prendrai ma douche avec un mouton dans la salle de bain ! « 

bb2 bb1 bb3 bb4 bb6 bb7 bb8Et allez voir les vidéos sur youtube compte de Roselyne Lemoine-dion, les premiers pas de bébé !!!!

les vidéos des premiers jours….

 

 

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